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Adeline Dufoulon : quand l’art donne un visage aux blessures et célèbre la résilience

today04/10/2026 182 126 5

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Les Journées Nationales des Artistes 2026 ont lieu les 2, 3 et 4 octobre. Organisées par La Maison des Artistes, elles sont l’occasion de rencontrer directement les artistes et de découvrir leurs univers. À Fère-Champenoise, Adeline Dufoulon ouvre les portes de son atelier et dévoile un travail profondément humain, où la peinture, le collage et la sculpture racontent les blessures, les doutes, mais aussi la capacité à se relever.

Il y a des œuvres que l’on regarde. Et puis il y a celles qui nous regardent en retour.

Le travail d’Adeline Dufoulon, artiste plasticienne installée à Fère-Champenoise, appartient plutôt à cette deuxième catégorie. Ses personnages, ses corps, ses matières semblent porter quelque chose de profondément humain : une inquiétude, une douleur, une absence, parfois une blessure… mais jamais sans laisser entrevoir la possibilité d’un après.

Chez l’artiste, la femme occupe une place centrale. Elle est tour à tour fragile, tourmentée, enfermée dans ses interrogations ou confrontée à ses propres blessures. Mais elle est également debout. Vivante. En mouvement.

C’est cette tension entre la fragilité et la force qui traverse son univers artistique.

 

La douleur comme matière artistique

Peinture, sculpture, collage, techniques mixtes : Adeline Dufoulon ne se limite pas à un seul matériau. Elle accumule, superpose, efface, laisse apparaître puis dissimule.

Son travail explore notamment les conséquences des douleurs psychiques sur le corps. L’artiste évoque la perte, la détresse, l’angoisse, l’obsession, la mélancolie ou encore la frustration. Pour elle, les émotions ne restent pas invisibles : elles finissent par laisser des traces.

Cette idée se retrouve jusque dans ses choix de matières. Carton, papier, plâtre, toile, verre, mais aussi éléments végétaux comme les écorces et les racines entrent dans ses créations. Dans ses sculptures, les racines deviennent notamment une métaphore du rapport entre le corps, les émotions et ce qui nous nourrit profondément.

Il y a quelque chose de presque organique dans cette démarche.

Comme si l’artiste cherchait à montrer ce que nous passons souvent notre vie à cacher.

   

Montrer les plaies pour mieux célébrer la vie

Les titres de ses œuvres donnent déjà une idée de cet univers : Angoisse, Tourment, Désarroi, Hantise, Psychose, Le Déni, mais aussi Résilience, Cœur, Corps, Âme ou encore Cœur de femme.

Cette succession de mots raconte presque un parcours. Celui d’une personne qui traverse quelque chose. Celui d’une femme confrontée à ses blessures, à ses interrogations, à ce qui la fragilise… puis qui cherche, peu à peu, à retrouver son équilibre.

Et c’est probablement là que réside la dimension la plus sensible du travail d’Adeline Dufoulon : la blessure n’est jamais uniquement représentée pour elle-même. Elle devient une étape. Une trace. Parfois même une force.

L’artiste ne cherche pas nécessairement à embellir la souffrance. Elle la regarde en face. Elle lui donne une forme. Elle lui donne une matière. Et peut-être, surtout, elle lui donne une possibilité de transformation.

   

Un atelier comme prolongement de l’œuvre

Cette rencontre avec le public prend tout son sens dans le cadre des Journées Nationales des Artistes, organisées cette année les 2, 3 et 4 octobre 2026 par La Maison des Artistes. Durant ce week-end, les artistes sont invités à ouvrir leurs ateliers afin de montrer leurs œuvres, mais aussi leur univers et leurs gestes de création.

Pour le visiteur, pousser la porte d’un atelier, c’est découvrir autre chose qu’une exposition.

C’est entrer dans l’endroit où les œuvres prennent naissance. Voir les matières avant qu’elles ne deviennent une sculpture. Les couches de peinture avant qu’elles ne composent une image. Les fragments de papier, les traces, les essais, les hésitations.

C’est approcher l’artiste au plus près de son geste.

Une artiste qui invite chacun à se reconnaître

Des œuvres comme Petits traumas, La Dormante, Le Déni ou Cœur de femme témoignent d’un vocabulaire artistique qui ne cherche pas à détourner le regard de ce qui fait mal.

Mais il ne faut pas s’arrêter à la noirceur apparente de cet univers.

Car derrière les blessures, il y a la vie.

Derrière le corps meurtri, il y a le mouvement.

Derrière l’angoisse, il y a la possibilité de la résilience.

C’est peut-être ce que raconte finalement l’œuvre d’Adeline Dufoulon : nous sommes aussi constitués de nos cicatrices, et les montrer ne signifie pas renoncer à la lumière.

Au contraire.

Parfois, il faut accepter de regarder les plaies pour mieux comprendre tout ce qui, en nous, continue de vivre.

À Fère-Champenoise, l’ouverture de son atelier est donc bien plus qu’une simple rencontre avec une artiste. C’est une invitation à entrer dans un univers sensible, à regarder autrement le corps féminin, la fragilité, les blessures invisibles… et cette force qui permet, malgré tout, de se relever.

 

Écrit par: Thierry R. Journaliste de la rédaction de Plaines radio

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